jeudi 9 août 2012


Les immobilisations financées par crédit-bail

Pour financer ces investissements, l’entreprise peut utiliser  des fonds dont elle dispose déjà ou emprunter. Elle peut également avoir recours à une autre forme de financement, qui ne passe pas par l'achat des biens, mais par une phase de location de ces biens assortie d'une option d'achat ultérieur : le crédit-bail.

1. Le fonctionnement d'un contrat de crédit-bail :
Le  contrat de crédit-bail qui prévoit deux opérations :
- la location du bien à une société spécialisée (dite société de crédit-bail) moyennant le paiement d'une redevance (c'est-à-dire d'un loyer) payée périodiquement et le plus souvent d'un dépôt de garantie versé à la signature du contrat ;
- la possibilité d'acheter le bien à l'issue de la période de location (matérialisée par la promesse de vente consentie par la société de crédit-bail) pour un prix souvent égal au dépôt de garantie.

Pendant toute la durée de la location (en principe, fixée à titre irrévocable), le bien reste la propriété de la société de crédit-bail, le transfert de propriété n'intervenant que si le locataire exerce l'option d'achat.

Outre l'intérêt de ne pas avoir à débourser le coût d'acquisition du bien dès l'origine de l'investissement, le crédit-bail présente l'avantage d'être plus facilement obtenu qu'un emprunt auprès d'un établissement de crédit. La société de crédit-bail n'a pas besoin d'autre garantie que le bien dont elle reste propriétaire pendant la période de location.
Le crédit-bail est par ailleurs souvent utilisé pour des biens susceptibles d'évolutions technologiques fréquentes (les contrats prennent alors parfois le nom de crédit-bail évolutif) : l'entreprise peut, en ce cas, échanger le bien pris en location, plus facilement qu'en cas d'achat ; on considère qu'elle transfère le risque technologique sur la société de crédit-bail.

Exemple :
La société Revard est une entreprise de taille moyenne spécialisée dans le découpage du verre. Elle envisage le renouvellement d'une partie de son matériel industriel par une machine-outil d'une valeur de 800 000 DH.
Compte tenu de la structure du passif de son bilan, les banques partenaires de l'entreprise se sont montrées très réservées quant à l'octroi éventuel d'un prêt.
Certains interlocuteurs ont suggéré à M. Fury, directeur général de l'entreprise, de s'orienter vers des contrats de location avec ou sans offre d'achat. M. Fury a consulté sur Internet le site de plusieurs sociétés financières, parmi lesquelles les propositions de la Société Premium ont retenu son attention. Cette société offre quatre modes de financement selon la nature et la durée d'exploitation du bien financé (voir tableau  suivant).

Compte tenu de la nature du bien que M. Fury envisage d'acquérir et de sa durée d'exploitation prévue (5 ans), il semble que le crédit-bail convienne.


Durée d'exploitation du produit

24, 36 ou 48 mois
60 mois
Plus de 60 mois
 Nature du  produit
Matériel de production (machines outils...)
Crédit bail
Crédit bail
Crédit
Matériel à forte obsolescence (logistique, monétique...)
Location financière
Location financière
Crédit bail
Matériel à très forte obsolescence (informatique)
Location évolutive
Location financière
-




M. Fury souhaiterait toutefois savoir quelles différences existent entre les formules proposées par la société Premium et quelles sont les propositions financières exactes dont il pourrait bénéficier s'il se décide pour le crédit-bail.
La société Premium donne à M. Fury les renseignements suivants sur les caractéristiques des types de financement :

Type de financement
Propriété du bien
Régime comptable
Régime fiscal
Engagement au bilan
crédit
L'entreprise
- Immobilisation
amortie selon
les durées légales
- Les frais financiers
sont des charges
- Les frais financiers
sont d
éductibles
- Le prix d'acquisition
sert de base  au calcul de la taxe professionnelle
La dette figure au bilan
crédit-bail
- Durant le contrat, la société de financement
- Après le rachat, l'entreprise
Les loyers sont enregistrés en charges
- Les loyers sont
d
éductibles (1)
- Le prix d'acquisition
sert de base au calcul de la taxe professionnelle
Les engagements sont suivis hors bilan (ETIC)
location
- Durant le contrat, la
soci
été de financement
- À la fin du contrat, le matériel est restitué
au fournisseur ou
revendu par la soci
été
de financement
Les loyers sont enregistrés en charges
- Les loyers sont
d
éductibles
- Les loyers annuels
servent de base
au calcul de la taxe professionnelle
Il n'y a pas
de dette au bilan
ou hors bilan

(1) Pour les véhicules de tourisme, les loyers ne sont déductibles qu'à hauteur de la limite de déduction des amortissements.

En ce qui concerne le contrat de crédit-bail, la société Premium finance 100% de l'acquisition : c'est elle qui achète la machine-outil au fournisseur. Pour un contrat sur 5 ans, les loyers mensuels représentent 2,05 % de l'acquisition payés à terme à échoir, le premier versement étant égal à 3 mensualités, dont 2 correspondant à un dépôt de garantie. Au terme du contrat, la société Premium s'engage à vendre le bien à la société Revard pour une somme égale au dépôt de garantie.

2. Le suivi comptable d'un contrat de crédit-bail :

Les contrats de crédit-bail font l'objet d'écritures qui reflètent la nature juridique de l'opération.
-  Lors de la signature du contrat : Le dépôt de garantie est enregistré au débit du compte 2486. Dépôts et cautionnements versés.

-  Lors du versement des redevances : Le montant HT des redevances est porté au débit du compte 6132. Redevances de crédit-bail. Si la TVA n'est pas déductible (par exemple, si le bien est un véhicule de tourisme), le compte 6132 est débité pour le montant TTC.

-  Lors des inventaires : L'entreprise utilisatrice doit faire figurer dans l’ETIC les informations suivantes : La valeur des biens pris en crédit-bail au moment de la signature du contrat ; le montant des redevances afférentes à l'exercice ainsi que le montant cumulé des redevances des exercices précédents ; les dotations aux amortissements qui auraient été enregistrées si les biens avaient été acquis par l'entreprise ; l'évaluation des redevances restant à payer ainsi que le prix d'achat résiduel.

-  Lors de la fin du contrat : Si l'entreprise n'exerce pas l'option d'achat, le dépôt de garantie est restitué il faut donc solder le compte 2486 ; Si l'entreprise exerce l'option d'achat, le bien est enregistré dans le compte d'immobilisation adéquat  pour le prix de l'option et le compte 2486 est soldé.

Les documents de l' ETIC concernant les contrats de crédit-bail fournissent deux types d'information :
- les engagements de l'entreprise pour les exercices à venir concernent les redevances que l'entreprise doit verser pendant la période irrévocable de location ;
- les dotations aux amortissements (fictives) qui auraient été enregistrées si le bien avait été acquis vont permettre de retraiter les comptes.

Exemple :
M. Fury a souscrit le contrat pour une durée de 60 mois à partir du 01/07/N aux conditions précédemment indiquées.
Il interroge son comptable sur la nature comptable des 3 mensualités payées le 01/07/N et sur la forme des tableaux de L’ETIC qui permettent le suivi des engagements de l'entreprise en matière de crédit-bail.

Les écritures comptables passées lors de la souscription du contrat sont les suivantes :
01/07/N

Dépôts et cautionnements versés
Redevances de crédit-bail
Etat, TVA récup/ch
32 800
16 400
  3 280

01/07/N

Banque

52 480

Le loyer mensuel a été ainsi calculé : 800 000 x 2,05 % = 16 400 DH.
Les tableaux de l'ETIC qui seront établis à la clôture de l'exercice N devront comprendre les informations suivantes :

Immobilisations en crédit-bail
Postes du bilan
Coût d'entrée
Dotations aux amortissements
Valeur nette
de l'exercice
cumulées
Matériel
800 000
160 000(1)
160 000
640 000



(1) 80 000 x 40 % x 6/12 (amortissement dégressif).

Engagements de crédit-bail
Poste
du bilan
Redevances payées
Redevances restant à payer
Prix d'achat résiduel


de l'exercice
cumulées
Jusqu'à 1 an
+ 1 an à 5 ans
+ 5 ans
Total à payer
ITMO

98 400 (2)
98 400
196 800 (3)
688 800 (4)

885 600
32 800



Les  immobilisations: notion et valeur à l’entrée

L'analyse de la gestion distingue entre les dépenses productives à court terme (les charges) et celles qui porteront leurs fruits pendant plusieurs années (les investissements).
La technique comptable reconnaît cette distinction en réservant un classement et un traitement particuliers aux immobilisations.

1.Notion d'immobilisations:

1.1. Définition des immobilisations:
Un actif immobilisé (ou « immobilisation ») se définit par la réunion de trois caractères.
• Premier caractère: C'est un actif, c'est-à-dire un droit juridiquement protégé (droit de propriété, droit de créance) dont l'entreprise est titulaire. Ce droit a une valeur marchande : l'entreprise peut le céder à un tiers contre paiement.
• Deuxième caractère: Cet actif est immobilisé, c'est-à-dire qu'il est utilisé de façon durable (plus d'un an).
• Troisième caractère: Cet actif devrait générer des avantages économiques futurs (production, ventes, gestion administrative, etc.).

Exemples:
1. L'entreprise est propriétaire du bâtiment d'un atelier. Cette construction est une immobilisation car l'entreprise a un droit de propriété qu'elle pourrait vendre (premier caractère), elle l'utilise pendant plusieurs années (deuxième caractère) pour produire des biens qui seront vendus aux clients (troisième caractère).
2. L'entreprise a effectué une action de formation de son personnel. Cette formation aura des effets durables (deuxième caractère) et elle devrait rendre les salariés performants (troisième caractère). Cependant, la formation n'est pas une immobilisation car elle n'est pas un actif : l'entreprise n'a pas le droit de s'opposer au départ d'un salarié formé ; elle ne peut pas non plus vendre cette formation à un autre employeur (absence du premier caractère). Il en serait autrement si le contrat de travail du salarié comportait une clause opposable au salarié, permettant à l'employeur de céder le contrat contre paiement à un autre employeur. C'est là une pratique courante dans les clubs sportifs professionnels.

1.2. Distinction entre les acquisitions d'immobilisations et les charges:
1.2.1.Principe:
Une acquisition d'immobilisation est une opération qui entraîne une dépense et qui a pour contrepartie l'entrée d'une immobilisation dans le patrimoine de l'entreprise.
Le montant du patrimoine est inchangé. Seule sa composition est modifiée (remplacement d'un actif monétaire par un actif immobilisé).
A défaut de contrepartie à l'actif, la dépense immédiate ou différée est une charge. Elle a pour effet de réduire le patrimoine de l'entreprise.
1.2.2.Difficultés d'interprétation:
Pour distinguer les acquisitions d'immobilisations et les charges, nous devons reconnaître si la dépense a une contrepartie répondant à la définition d'une immobilisation. Ce n'est pas toujours évident.

Exemple: Les dépenses de recherche et de développement devraient permettre à l'entreprise de déposer des brevets d'une validité de plusieurs années (deuxième caractère), cessibles contre paiement (premier caractère) et générant des profits (troisième caractère). Mais il faudrait pour cela que les recherches soient promises au succès, sinon ces dépenses doivent figurer dans les charges. Nous verrons que le CGNC précise les conditions de l'activation des frais de recherche et de développement.



1.2.3. Étalement de charges:
Beaucoup d'immobilisations se déprécient du fait de leur utilisation et du temps. Leur coût est réparti sur les résultats des exercices d'utilisation, une fraction du coût étant imputée chaque année dans les charges. C'est ce qu'on appelle l'amortissement de l'immobilisation.

Certaines charges génèrent des économies ou des gains pendant plusieurs exercices comptables. Ceci peut aussi justifier leur étalement dans le temps. La technique comptable de répartition des charges sur plusieurs exercices est analogue à la technique de l'amortissement des immobilisations. La similitude est même totale puisque le PCGE classe ces charges dans les comptes d'immobilisations à seule fin de réaliser techniquement leur étalement

2.Catégories comptables d'immobilisations:
Quatre catégories d'immobilisations sont définies en comptabilité :
  • Les immobilisations en non valeurs qui ne correspondent pas à la définition normale d’une immobilisation et dont l’inscription parmi les immobilisations se justifie par la volonté d’étaler leur montant sur plusieurs exercices. Exemples: faris de constitution, charges à répartir sur plusieurs exercices, primes de remboursement des obligations
  • Lés immobilisations incorporelles : Ce sont des éléments du patrimoine dépourvus de substance physique ; Exemples: Brevets, licences, logiciels, éléments incorporels du fonds de commerce...
  • Les immobilisations corporelles sont des éléments physiques du patrimoine ; Exemples:Terrains, constructions, matériels et équipements.
            Les immobilisations corporelles comme les immobilisations incorporelles sont détenues, soit pour           être utilisées à la production ou à la fourniture de biens et services, soit pour les besoins propres         de l'entreprise. Leur durée d'utilisation prévue est supérieure à une période comptable.
  • Les immobilisations financières : Elles sont détenues par l'entreprise pour plus d'un an, soit pour protéger ou promouvoir des relations d'affaires (contrôle de filiales, constitution d'un groupe de sociétés), soit dans l'intention de bénéficier de revenus (intérêts ou dividendes) ou de plus-values.

Les éléments de l'actif immobilisé forment la classe 2 - Comptes d'immobilisations du PCGE. Parmi ces comptes d'immobilisations, nous distinguons notamment :

2.1. Rubrique 21 - Immobilisations en non valeurs:       
  • 211. Frais préliminaiers: Certaines charges rattachées à des opérations qui conditionnent la création ou le développement de l'entreprise peuvent être imputées dans ce compte Exemples: Frais de constitution, Frais de prospection ou publicité de lancement lors de la fondation de l'entreprise.
  • 212. Charges à répartir sur plusieurs exercices: il s’agit de charges  différées directement affectables à des productions futures (ex. frais de préexploitation d'un chantier : sélection et formation du personnel, préloyers,...) ; ou de charges à étaler qui ont un caractère bénéfique et durable pour l'entreprise (ex. frais d'introduction en Bourse, dépenses liées à la certification ISO...).
  • 213. Les primes de remboursement des obligations : Il s’agit de la différence entre le montant futur à rembourser hors intérêts, et le montant versé par le prêteur.

2.2. Rubrique 22: Immobilisations incorporelles:
  • Immobilisations en recherche et de développement: Les charges engagées par l'entreprise, pour son propre compte, dans les domaines de la recherche appliquée et du développement peuvent exceptionnellement être imputées dans ce compte. Cette activation est soumise à conditions .
  • Brevet,marque, droits et valeurs similaires: Sont imputées dans ce compte des dépenses faites pour l'obtention de l'avantage que constitue la protection accordée, sous certaines conditions, à l'inventeur, à l'auteur, ou au bénéficiaire du droit d'exploitation d'un brevet, d'une licence, d'une marque, de droits de propriété littéraire ou artistique. Figurent également dans ce compte certaines dépenses de création ou d'acquisition de logiciels.
  •  Fonds commercial: Sont enregistrés dans ce compte, tous les éléments incorporels du fonds de commerce qui ne font pas l'objet d'une évaluation et d'une comptabilisation séparée au bilan et qui concourent au maintien et au développement du potentiel d'activité de l'entreprise.

2.3. Rubrique 23 - Immobilisations corporelles:
Elles correspondent aux biens corporels dont l'entreprise est propriétaire, c'est-à-dire les biens acquis ou créés par l'entreprise. Les principaux postes d'immobilisations corporelles sont les suivants :
  • 231. Terrains: Sont enregistrées dans ce poste les dépenses d'acquisition des terrains  ainsi que leurs agencements et aménagements
  •  232. Constructions: Sont enregistrées dans ce compte les dépenses d'acquisition ou de création des bâtiments, constructions, ainsi que leurs agencements et aménagements.
  • 233. Installations techniques, matériels et outillages industriels: Sont enregistrés dans ce compte toutes les installations, matériels et machines, ainsi que leurs agencements et aménagements.
  • 234. Matériels de transport.
  • 235. Mobilier,Matériel de bureau et aménagements divers
  • 238. Autres immob corporelles: il s’agit d’immobilisations dont les spécificités ne permettent pas l’inscription parmi les catégories d’ immobilisations déjà citées ( matériel agricole) .
  • 239. Immobilisations  corp en cours : Ce poste a pour objet de faire apparaître au bilan, les dépenses engagées pour des immobilisations corp qui ne sont pas encore utilisées par l'entreprise. Cette situation correspond soit au cas des immobilisations en cours de fabrication ; soit, au cas des immobilisations en cours d'acquisition ;

2.4. Rubrique  24 et 25 - Immobilisations financières:
Les immobilisations financières représentent des placements durables sous forme de parts de capital ou de créances. Ces placements peuvent répondre à deux objectifs très différents.
  • Premier objectif : promouvoir ou protéger des relations d'affaires. Il s'agit nécessairement de titres représentant des parts de capital d'une société (actions ou parts sociales). Ils sont alors enregistrés dans le poste titres de  Participations. La détention durable des titres de participation est utile à l'entreprise détentrice parce qu'elle lui permet de contrôler la société émettrice des titres ou d'y exercer une influence.
  • Deuxième objectif : percevoir des revenus et/ou réaliser des plus-values. L'objectif étant alors uniquement de nature financière, les placements peuvent être de toutes natures : créances (obligations, bons, prêts, dépôts) ou parts de capital (actions, parts sociales). Ces créances et ces titres sont alors enregistrés dans les postes : prêts immobilisés; autres créances financières ou autres titres immobilisés.
Remarque:
L'inscription des titres en classe 2, suppose une volonté de possession durable. L'objectif de rentabilité financière est donc à long terme. Les titres acquis par l'entreprise dans un souci de rentabilité finaricière à court terme ou pour faire un placement temporaire de trésorerie sont enregistrés dans les actifs circulants  (classe 3) en tant que «Titres et valeurs de placement (TVP)».

3. L’entrée des immobilisations dans l’entreprise:
La valeur comptable des actifs est fondée sur leur coût historique d'entrée. Cette règle générale s'applique notamment aux immobilisations avec, cependant, des particularités suivant les modalités de l'entrée du bien dans le patrimoine de l'entreprise.



3.1.Acquisition des immobilisations:
3.1.1. valeur d'entrée;
La valeur d'entrée dans le patrimoine, des biens acquis par l'entreprise est le coût d'acquisition de ces biens.
Ce dernier résulte de l'addition des deux éléments suivants :
  • Prix d'achat : il s'agit du prix hors taxes récupérables, net de rabais et remi¬ses obtenus, stipulé entre l'acheteur et le vendeur à la date de l'achat ;
  • Frais accessoires d'achat : ce sont les frais hors taxes récupérables, liés à l'achat du bien et nécessaires à sa mise en état d'utilisation. Ils comprennent notamment : les droits de douane, les frais de préparation de l'implantation, les frais d'études (ingénieurs, architectes), les charges de transport, les frais d'installation et de montage.

Remarque:
Seule la valeur d'entrée des immobilisations corporelles peut comprendre des frais accessoires d'achat car la notion de « mise en état d'utilisation » ne concerne évidemment pas les immobilisations incorporelles ou financières.


3.1.2. Frais d'achat exclus de la valeur d'entrée:
Les frais liés à l'opération d'achat mais sans rapport avec la mise en état d'utilisation, sont exclus de la valeur d'entrée. Ce sont notamment les honoraires de notaires, les commissions et courtages des intermédiaires, les droits d'enregistrement. Ces frais sont comptabilisés séparément dans les comptes de charges appropriés.
Cependant, ces frais peuvent être étalés sur plusieurs exercices  s'ils sont occasionnés par l'acquisition d'une immobilisation qui, par définition, est utilisée de façon durable.

3.1.3. Traitement comptable :
La valeur d'entrée des immobilisations est enregistrée au débit du compte approprié de la classe 2.

Exemple 1 : Acquisition en janvier N d'une machine outil. La facture n° 01.2001 du fournis­seur Mecaflex est ainsi détaillée :
Machine électronique XZ489
Remise 10 %
Frais de transport et d'installation
Montant HT
TVA : 20%
Prix TTC à payer
100 000
  10 000
    3 000
  93 000          
  18 600
111 600
Conditions de paiement : moitié comptant, moitié en avril N

La valeur d'entrée (93 000) comprend les frais de transport et d'installation car le transport et l'installation sont indispensables à l'utilisation du bien. L'enregistrement comptable est le suivant :

2232

 Matériels et outillages
 93 000

34552

État, TVA récup sur immobilisations
18 600


5141
Banque

55 800

4483
Dettes / acquisition d’immobilisations

55 800


D'après facture n" 01.2001 de Mecaflex









Exemple 2 : Acquisition en mars N d'un fonds de commerce. Le mémoire établi par le notaire,
Maître Rachad est ainsi détaillé :
Prix d'achat du fonds de commerce
Honoraires notariaux             
Droits d'enregistrement                     
Montant HT   
TVA à 20% sur honoraires notariaux
Prix net à payer                      
  980 000
    10 000
    49 000
1 039 000
       2 000
1 041 000
Conditions de paiement : règlement immédiat

La valeur d'entrée ne comprend pas les honoraires et droits ; elle est égale à 980 000. L'en­registrement comptable est le suivant :
2230

Fonds commercial
980 000

6167

Impôts, taxes et droits assimilés
49 000

6136

Rémunérations d'intermédiaires et honoraires
10 000

34552

État, TVA récupérable / ch
 2000


5141
Banque

1 041 000


D'après mémoire du notaire, Maitre Rachad



La TVA frappant les voitures particulières n'étant pas récupérable par l'entre­prise, c'est le prix d'achat TTC qui est leur valeur d'entrée.

Exemple : Acquisition d'une voiture en septembre N. La facture n° 6854 du Garage de la Plai­ne est ainsi détaillée :
Fiat Punto Montant HT         14 000
TVA à 20%                              2 800
Prix TTC à payer                    16 800
Conditions de paiement : règlement comptant à la livraison.

La valeur d'entrée est 16 800.

3.1.3.2. Avance ou acompte sur acquisition d'immobilisations:
Le vendeur peut demander à l'acheteur le versement d'une somme d'argent à valoir sur le prix qui sera facturé. Ce paiement est appelé :
  • avance, si la somme est versée avant toute exécution de la commande ;
  • acompte, si elle est versée sur justification d'une exécution partielle.

Les avances versées lors d'une commande d'immobilisation sont enregistrées au débit du compte  2397.Avances et acomptes versés sur commandes d'immobilisations corporelles.
Elles restent au débit de ce compte jusqu'à la facturation définitive de l'acquisition.













Exemple:  Le 15 mars N, versement d'une avance de 10 000 DH par chèque bancaire sur commande d'une machine.
2397

Avances et acomptes versés sur commandes d'immob. corporelles
 10 000


 5141
Banque
10 000


Remarque :
La TVA n'est pas déductible au moment du paiement des avances et acomptes.

TVA à 20 %                                         3 600

L'enregistrement est alors le suivant
2332

 Matériels et outillages
 18 000

44562

État, TVA récupérables/ immobilisations
3 600


5141
Banque

 11 600

4 83
Avances et acomptes versés sur commandes d'immob. corporelles

 10 000


D'après facture n



La valeur d'entrée des biens produits par l'entreprise est le coût de production de ces biens.
Ce dernier résulte de l'addition des éléments suivants :
  • Coût d'achat des matières premières et fournitures consommées dans la fabrication ;
  • Autres charges de production : ce sont les charges de personnel, d'énergie... etc, nécessaires à l'opération de production.

3.2.2. Traitement comptable :
La valeur d'entrée des immobilisations produites par l'entreprise pour elle- même est enregistrée au débit du compte approprié de la classe 2 (tout comme la valeur d'entrée des immobilisations acquises).
Cependant, les dépenses correspondantes (matières et composants, salai­res...) ont déjà été enregistrées au débit des divers comptes de charges appro­priés. Ces charges sont compensées en comptabilité en créditant globalement un compte de produits (classe 7) parmi les éléments du poste 714. Immobilisations Produites par l’Ese pour elle même.

Exemple : Un constructeur de véhicules industriels prélève un car, à la sortie de la chaîne de production. Ce véhicule sera utilisé pour le transport du personnel de l'entreprise. Son coût s'élève à 100 000 DH HT. L'enregistrement comptable est le suivant :

2340

Matériel de transport
100 000

34552

État, TVA récup / Immobilisations
12 000


7143
Immobilisations  corporelles Produites.

100 000

44 56
État, TVA facturée

20 000


Prélèvement d'un car sur la chaîne pour nos besoins








3.2.2. Production d'immobilisations en cours :

Lorsque la production des immobilisations n'est pas achevée à la clôture de l'exercice, les charges de production déjà engagées à cette date sont portées :
            - au débit d’un compte d’Immobilisations en cours ;
            - au crédit d’un compte  d’immobilisation produite.

Lors de l'achèvement de l'immobilisation, la valeur d'entrée de l'immobilisation est constituée des deux éléments suivants :
            - le solde débiteur du compte d’Immobilisations en cours (charges engagées           avant la clôture de l'exercice précédent) ;
            - la production immobilisée de l'exercice courant (charges engagées depuis la         clôture de l'exercice précédent).


Exemple : Une entreprise de plomberie remplace le chauffage électrique de ses propres bureaux par un chauffage central au gaz. Les travaux ont débuté le 10 novembre N-1. Au 31 décembre N-1, date de clôture de l'exercice, les charges engagées pour l'installation du chauffage au gaz s'élèvent à 80 000 DH HT. Les travaux sont achevés le 15 février N. À cette date, le coût de l'ensemble des travaux atteint 180 000 DH HT.

À la clôture de l'exercice, l'entreprise enregistre :
2393

 Immobilisations  corporelles en cours de constructions
 80 000


7143
Immobilisations corporelles produites

 80 000
 A l’achèvement de l’installation, cet enregistrement est complété par le suivant
2327

 Agencement et  aménagement des constructions
180 000

44562

État, TVA récup sur immobilisations
3 600


231
Immobilisations corporelles en cours de constructions

80 000

72
Immobilisations corporelles produites

100 000

44571
État, TVA facturée

3 600


Mise en service du chauffage au gaz